Désaccord entre Aquitaine et Midi-Pyrénées

L’AQUITAINE FREINE LE BORDEAUX - TOULOUSE

Le Conseil Régional Aquitaine et le Conseil Général de Gironde adoptent des avis défavorables à la L.G.V.
Publié le 2 novembre 2005, mise à jour le 15 décembre 2007

LA DEPECHE du 26/10/2005 TRANSPORT : Le Conseil Régional d’Aquitaine et le Conseil Général de Gironde adoptent des avis DEFAVORABLES à la L.G.V. (Ligne Grande Vitesse) BORDEAUX - TOULOUSE

T.G.V. : L’AQUITAINE FREINE LE BORDEAUX - TOULOUSE

Le T.G.V. a bel et bien ravivé la rivalité Bordeaux - Toulouse. Ou plutôt Aquitaine - Midi-Pyrénées. Après le département de la Gironde vendredi, le Conseil Régional d’Aquitaine a adopté un avis défavorable à la L.G.V. BORDEAUX - TOULOUSE, lui préférant la liaison en direction de l’Espagne par le Pays Basque. Pour le vice-président chargé des transports, le sénateur landais Jean-Louis CARRERE (P.S.) : « la ligne Sud - Europe - Atlantique est notre unique priorité. La liaison Bordeaux - Hendaye présente l’avantage de libérer des couloirs de fret pour le transport ferroviaire, alors que la ligne Bordeaux - Toulouse n’est pas encore à saturation ». Ce que déclarait le président Alain ROUSSET, est donc devenu officiel. En choisissant leur ligne 100% Aquitaine au détriment de Bordeaux - Toulouse, les élus aquitains jouent sur du velours.

Lors du sommet de Barcelone le 17 octobre 2005, l’Europe, les états français et espagnols ont inscrit comme priorité la L.G.V. Bordeaux - Hendaye et superbement ignoré le Bordeaux - Narbonne comme itinéraire européen.

Les réunions publiques sur la LGVLGVUne Ligne à Grande Vitesse est une ligne ferroviaire construite spécialement pour permettre la circulation de trains à grande vitesse. Bordeaux - Toulouse ont soulevé une forte opposition des élus et des riverains au tracé prévu dans le sud de la Gironde. Forcément, en Midi-Pyrénées, cette stratégie est accueillie sous les sifflets. « La solidarité républicaine et la démographie doivent imposer des choix. La quatrième métropole française (Toulouse) ne peut pas passer après les sous-préfectures des Pyrénées-Atlantiques et des Landes » s’indigne Jean-Louis CHAUZY, président du Conseil Economique et Social de Midi-Pyrénées, qui, hier, adoptait une motion à l’unanimité pour que la ligne Montpellier - Barcelone - Toulouse - Bordeaux soit classée au même rang que Bordeaux - Hendaye prévue pour 2016. La L.G.V. Bordeaux - Toulouse pâtit d’un statut strictement national.

Le raccordement à Narbonne, défendu par le C.E.S.R. Midi-Pyrénées mais refusé par le ministère des transports, permettrait de lui donner un rang européen, donc plus de financements. « Bordeaux profiterait aussi de la liaison avec la Catalogne, dont on connaît le dynamisme. Mr ROUSSET n’a pas de vision politique » regrette Philippe DOUSTE-BLAZY, ministre des affaires étrangères et président du Grand Toulouse, qui se déclare « scandalisé par l’attitude honteuse de M. ROUSSET vendredi lors de l’assemblée générale d’Aérospace Valley, il n’a pas prévenu les Toulousains. J’aimerais que ses amis du Conseil Régional Midi-Pyrénées lui rappellent les bonnes manières. On ne peut pas être contre le TGV le mardi après avoir été le vendredi pour la complémentarité entre les deux régions avec le pôle de compétitivité aéronautique dans lequel l’Aquitaine est présente grâce à mon intervention. En opposant Bordeaux et Toulouse sur le T.G.V., on n’avancera pas. La région Aquitaine fait fausse route en s’installant dans une logique de rivalité avec Midi-Pyrénées »

Si le T.G.V. (ou L.G.V.) rame, la polémique progresse. Le président de région Midi-Pyrénées, Martin MALVY, ne se gêne pas de rappeler régulièrement que le candidat DOUSTE-BLAZY en 2001 rejetait l’idée d’un T.G.V. TOULOUSE - PARIS par Bordeaux alors que le conseil régional venait de l’obtenir. Sur la polémique avec l’Aquitaine, il estime « qu’opposer les projets T.G.V. n’est pas de bonne politique, que Bordeaux - Hendaye et Bordeaux - Toulouse ne sont pas en compétition puisque le gouvernement s’est engagé sur un parcours Paris - Toulouse en 3 heures quand Bordeaux sera à 2 heures de la capitale »

Alain ROUSSET a déjà donné les clés du verrou aquitain dans une interview à La Dépêche : les collectivités de Midi-Pyrénées doivent financer les études sur le tronçon Bordeaux - Tours et Réseau Ferré de France doit renoncer au tracé « privilégié » dans le Sud-Gironde pour « coller » le TGV à l’autoroute A.62. L’Aquitaine retiendra alors deux T.G.V. prioritaires et proposera même des solutions de partenariat public - privé pour les financer.

P. JALABERT - Pierre SAUVEY - Philippe BERNARD


Bien-sûr, ceci concerne essentiellement le T.G.V., mais l’Aquitaine affiche quand même une certaine logique en déclarant que le Bordeaux - Hendaye libérerait des lignes réservées exclusivement au fret, ce dont la région Midi-Pyrénées ne veut apparemment pas entendre parler. A lire tout ceci, l’entente apparemment cordiale affichée entre les régions lors du dernier sommet franco / espagnol, ne l’est pas tant que cela...

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